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Perspectives, une vision de l'un de nos électeurs

En préambule et pour donner corps à ce qui n’est que mon opinion, je constate que, si la politique est la vie commune et conflictuelle, où les démocraties sont constituées seulement pour avoir une majorité et, au mieux, une volonté générale basée sur la somme de volontés particulières, je constate que c’est aujourd’hui une illusion, mieux, une fiction.

Aujourd’hui, quand on vote, on vote pour soi-même, pour ses propres intérêts (je ne veux plus payer d’impôts, je veux qu'on augmente mon salaire, ma retraite, etc...) donc nous sommes extrêmement intéressés, ce qui n’est pas exactement voter pour un intérêt général. Principe des complications...


Celles-ci augmentent lorsque la politique se résume à l’art unique de prendre, de garder et d’utiliser le pouvoir. C’est aussi l’art du partage, car il n’y a pas d’autre moyen de prendre le pouvoir, ni de le garder. En ce sens, les partis sont nécessaires comme moyen d’accès et, par définition, un parti ne représente qu’une part de la volonté générale et plus les parts sont nombreuses, plus cette fameuse volonté générale est fractionnée.

Ensuite, il est à noter que les partis sont maniés par des intérêts qui les financent et les dépassent ... cela, au fil du temps, produit les effets opposés à ceux désirés ;.au lieu de mieux vivre dans la communauté, tout va en enfer.


Actuellement, la politique est largement discréditée, et les politiques provoquent un rejet presque aussi impressionnant que celui qui frappe les journalistes ; c’est la réalité.

Pour en arriver là, je suis convaincu que l’origine de ce mépris parfois odieux est directement liée au sentiment croissant d’impuissance publique, à l’incapacité des politiciens à résoudre les problèmes cruciaux des gens. Les mots en politique, aussi nobles soient-ils, ont été dépensés. La politique technocratique actuellement pratiquée, ainsi que les contraintes économiques, entre autres, ont conduit non seulement à occulter la question des objectifs politiques, mais aussi à discréditer l’idée même d’idées en politique.


Ma première critique

Chaque processus électoral doit passer par un programme politique, avec ses valeurs, ses aspirations ou ses promesses. Une tentative de fabrication d’une volonté générale, une étape de persuasion. Sans essayer de mettre tous les partis dans le même sac, encore moins les volontés et actions désintéressées et sincères, je ne peux m’empêcher de penser que cette période de persuasion est le stade de la tromperie et de dire n’importe quoi.


Puisque tout va, les promesses fausses, les mensonges, la vérité seulement si elle a un intérêt politique, sinon elle est niée, elle n’existe pas, les arguments préfabriqués, le cynisme, le harcèlement, la démolition, le terrorisme idéologique, l’hypocrisie sont utilisés...

Si nécessaire, le monde réel est nié, les corruptions les plus sordides, les politiques, ses mafias internes.


L’honnêteté et la décence ne sont pas pertinentes. C’est l’empire de l’aveuglement des idéologies, du carcan des convictions, de la moralité sur mesure des hommes politiques, qui met en évidence les intérêts qu’ils défendent avec voracité, et leur principale obsession, qui est d’être élus ou réélus.

Tout cela est utilisé par les politiciens parce qu’ils savent que le niveau d’intelligence du troupeau, ne dépasse pas les niveaux minimaux pour distinguer l’honnêteté de la voracité, raison pour laquelle leurs mensonges sont si efficaces, parce que les moutons les croient sans réfléchir un instant.

Est-il étonnant qu’ils votent alors contre leurs propres intérêts ? J’exagère, mais si peu...


Eh bien, dans la période de choix, nous sommes présentés avec des emballages de rose, bleu, orange, violet, vert ou toute autre couleur, mais le contenu est le même: le dogme du néolibéralisme d’État. Donc, voter en connaissant l’issue du procès est inutile et, surtout, quand tout est mis en forme pour qu’on ne puisse pas choisir librement un projet de société dans lequel nous aimerions vivre.

Le vote, en dehors de ne pas servir du tout, est une taquinerie pernicieuse.


Deuxième critique

D’autre part, qu’en est-il de ce genre de ridicule, même de tyrannie pratiquée dans toute campagne électorale, par le soi-disant « politiquement correct » actuel qu’il interdit de dire ce que l’on pense être vrai, quand cette vérité semble contraire à ce que l’on voudrait qu’elle soit, ou contraire aux yeux de la pensée dominante, morale ou politiquement souhaitable ?


C’est confondre le réel et le bien, la vérité et la valeur, au bénéfice de ces derniers. C’est moins la voix de la plupart que celle des élites réelles ou prévues. Moins langue de bois que langue de coton, un matériau plus doux, comme nous le savons tous, mais presque aussi difficile à avaler.


Cette rectitude politique est une sorte de police ou d’auto-censure, qui pèse lourdement sur le discours politique séduisant : on s’abstient de toute expression qui puisse impacter ou blesser, surtout quand il s’agit d’une minorité, on fait preuve de tolérance en tout (sauf contre les intolérants, ou classés comme tels), on a recours aux euphémismes, on dilue, on relativise... C’est mettre le politiquement correct au-dessus de la liberté de l’esprit, les bons sentiments au-dessus de la lucidité, la prudence au-dessus de la sincérité...


Fin

Je conclus et ce n’est pas moi qui attribuera un pourcentage de ce qui précède à la liste Perspectives, la démocratie méritebeaucoup plus que ce que mes insignifiantes évaluations offrent. Cela ne m’excuse pas non plus de penser que les idées de votre programme ne sont pas seulement bonnes, mais excellentes, parce que le modèle d’action horizontale et humaniste que vous proposez, je pense, est celui qui convient aux peuples adultes, instruits et vraiment souverains. Aujourd’hui, lepeuple est-il souverain, ou est-ce juste une illusion ? Dernière et définitive question.


En outre, si nous avons admis, avec Spinoza, que tous les jugements de valeur présupposent un désir et y reviennent toujours, alors nous induisons que toutes nos valeurs sont des illusions. Cela ne nous permet pas non plus de conclure que nous devrions nous en passer, mais au contraire, que nous ne pouvons pas (puisque nous sommes des êtres de désir) et, d’autre part, nous ne devons pas (l’humanité ne survivrait pas). Les illusions sont extrêmement nécessaires : vous ne pouvez y échapper qu’en tombant aussitôt dans d’autres. « Seule une conception idéologique de la société pourrait imaginer des sociétés sans idéologies », a écrit Althusser. Et seule une conception illusoire de l’humanité pourrait imaginer une humanité sans illusions.


Cela dit: BON VENT PERSPECTIVES.



A. Geijo / 13.02.2020

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